Comment se débarrasser de l'école ?
Grâce à une machine à remonter le temps pour empêcher la naissance de Charlemagne ? Une tempête, un tremblement de terre, un nid de frelons asiatiques ? Un cambriolage ! Chaises, bureaux, tables : disparus ! Un coup de baguette magique : les vacances pour l’éternité !

Victor n’aime pas l’école. Il a imaginé des tas de solutions pour l’éliminer.
Mais, tous les matins, il faut aller à l’école… Se réveiller, se préparer, s’agglutiner dans la cour, entrer dans une salle bruyante qui sent le renfermé, obéir aux consignes, rester assis. Un cauchemar, oui !

Ce matin-là, Victor va donc à l’école.
Ses chaussures pèsent une tonne, son cartable aussi. Il pleut.
Victor traîne avec application pour arriver en retard. Gagné ! Quand il arrive en classe, les élèves sont installés et la maîtresse ne le remarque pas se glisser à sa place. Et quoi ? La chaise à côté de la sienne est occupée. Un « nouveau ». Manquait plus que ça ! Victor déteste les nouveaux élèves. Il n’y en a que pour eux quand ils débarquent et il faut tout leur expliquer. Il souffle en jetant sa trousse et son cahier.

Le « nouveau » est … une « nouvelle ».

— Bonjour ! Je suis Soline ! dit-elle avec un grand sourire.

— Salut, répond-il en la regardant à peine.

Elle veut tout savoir, interrompt Victor sans arrêt, le force à répondre et sourit tout le temps. Elle le trouve bien sympathique. En sortant de l’école elle lui dit :

— Merci ! A demain au portail ?

— Salut ! dit Victor en haussant les yeux.

En faisant ses devoirs il repense à cette Soline. Elle est impossible cette fille ! Mais elle a tout de même un joli sourire.

Le lendemain, les martiens n’ont pas déraciné l’école. Victor franchit le portail à l’heure. Soline l’attend.

— Hello !

Et elle ne le lâche plus, même à la cantine. Elle parle. Tout le temps. Il lui répond... pour qu’elle se taise enfin ! Et le soir, elle lance encore une fois :

— A demain au portail ?

— OK !

C'est comme ça toute la semaine et la suivante, jusqu’aux vacances d’hiver. Enfin !… Victor est ravi.

Mais pendant ces jours de vacances, pour la première fois de sa vie… Il pense à l’école. En réalité, c’est à Soline qu’il pense.

Le jour de la rentrée, il est même en avance ! Il arrive avant Soline au portail et il lui sourit.

— J’adore l’école ! lui dit-il.

— Ah oui ? Moi aussi, tu sais, répond-elle.



35 VOIX

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Virginie Ronteix

Mère de trois enfants formidables, professeur-documentaliste dans un collège de Charente Maritime, j’ai, très tôt, totalement désobéi à mes parents qui me disaient toujours « Arrête de raconter des histoires ! ». Je peux me passer de presque tout, mais cesser de lire, ...   [+]

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Le p'tit plus de Bob
Ça peut paraître fou, mais avant les lois de Jules Ferry sur l’école, en 1881-1882, tout le monde ne parlait pas français en France. Chaque région avait sa propre langue que l’on appelait patois. Pour faire en sorte que tout le monde parle la même langue sur le territoire et pour faciliter la compréhension, Jules Ferry a imposé l’usage du français à l’école. Malin non ? description

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