Je m’appelle Alex, et je dois vous l’avouer : ma famille n’est pas une famille comme les autres. Je dirais même qu’elle est souvent très, très bizarre !

Je vais vous raconter la dernière histoire qui m’est arrivée et vous allez comprendre tout de suite ! Mercredi dernier, après l’école, j’ai déjeuné chez mon copain Max et l’après-midi, nous sommes allés ensemble à notre entraînement de foot. J’adore le football, ça me dérouille les jambes, ça me vide la tête et ça fait du bien aux articulations !

Quand je suis rentré, j’étais tellement fatigué que j’avais un peu de fumée qui s’échappait de mes oreilles. Je devais être en mode « surchauffe ». Pourvu que Papa ne me fasse pas encore avaler cette huile infecte censée tout dérouiller à l’intérieur !

Maman m’attendait, debout dans le salon, les poings sur les hanches, l’œil sévère. J’ai tout de suite pensé que ce n’était pas le moment de lui annoncer la mauvaise note que j’avais eue le matin même au contrôle de français. J’ai voulu filer dans ma chambre pour me changer, mais elle m’a barré le passage :

— Mon gléri, est-ce que tu as vu l’état de ta glambre ?

D’ordinaire, je ne fais pas trop attention aux excentricités de ma mère, mais là, il y avait un hic. Quelque chose d’inhabituel, qui clochait. Et ma mère ne s’est pas arrêtée là. Elle a poursuivi :

— C’est glaque fois la même glose : je suis obligée d’aller à la pêgle aux glaussettes niglées jusque sous ton lit et je fais la glasse aux pyjamas sales abandonnés sur les glaises du salon ! Tu pourrais gloisir un endroit plus approprié ! Ou alors les mettre directement dans le panier à linge sale !

Je vous l’ai dit, j’ai l’habitude des fantaisies de ma mère, mais là, j’ai ouvert des yeux grands comme le Stade de France. J’ai même eu peur que les fils s’embrouillent dans ma tête !

Pendant que je mettais de l’ordre dans mon cerveau comme un fou, elle a continué à s’énerver :

— Enfin, tu ne réponds rien ? On dirait vraiment que je parle en glinois !

— Euh… oui c’est ça… j’ai tenté.

— Quoi ? Je parle en glinois ? Et en plus, tu te moques de moi ? Mais c’est un cauglemar !

Houlalalala ! Mais qu’est-ce que c’est que ce charabia ?

À moins que….

Ce glarabia… oui, c’est ça ! J’ai compris ! Et j’ai aussi réalisé que c’était peut-être un peu de ma faute, tout ce gloubiboulga de mots ! La veille, j’avais demandé à Maman de m’aider à apprendre ma poésie, Chiens et Chats :

Chiens et chats cherchent à jouer à cache-cache

Chiens et chats louchent sur la chantilly

Chiens et chats affichent un air bravache

Chiens et chats rechignent à se coucher tôt

Chiens et chats chantent, chapardent et chahutent

Chiens et chats se chamaillent, les chenapans !

Et voilà ! Maman avait fait une overdose de « ch » !

Histoire de vérifier que mon hypothèse était la bonne, j’ai réfléchi à toute vitesse et j’ai dit à maman :

— Glut ! Ne crie pas ! Tu vas réveiller le glat ! Et tu sais qu’il est méglant si on lui glatouille les moustagles !

Ouf ! Qu’est-ce que c’était dur ! Je suis sûr que la maîtresse aurait été fière de moi ! En attendant, j’étais à court de mots en « ch » !

Heureusement, Papa est rentré à la maison juste à ce moment-là.

— Papa, Papa ! j’ai hurlé. Maman a encore un problème ! Ça doit être des connexions dans sa tête, elle dit « gl » au lieu de « ch »!

Papa s’est précipité sur Maman et a ouvert sa boîte crânienne. En quelques secondes, il a trouvé les fils qui s’étaient emmêlés et il a tout remis en ordre.

Je pensais pas, moi, que la poésie pouvait détraquer un cerveau de robot !

11 VOIX

zagatub
Céline Santran

Céline Santran

Professeur d’anglais et traductrice, j’écris depuis plusieurs années toutes sortes d’histoires, en français comme en anglais, pour un public de grands et de moins grands. Ma devise ? Tant que l’on a des rêves, rien n’est impossible !

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