Calendrier de l'Avent

Chaque jour de décembre, découvre une histoire

Dimanche 3 Décembre

Voyage au Pays des glaces #3

de Tanguy Mandias

 

L’Histoire de la Mer Gelée du Ferry Qui Apprit à Marcher

 

Tatie et Balthazar continuent leur périple pour livrer la lettre au père Noël. Après une première étape par Hambourg, la ville des Sandwichs, et l’étonnant couronnement de la nouvelle Reine des Sandwichs (une endive), nos deux héros poursuivent leur route vers la Laponie…

Un affreux tintamarre réveille Balthazar qui sort de la voiture en toute hâte ! Dehors, il découvre sa Tatie, hirsute, les mains plongées dans le moteur, en pleine séance de mécanique et tapant et cognant le moteur de l’innocent véhicule. Il fait très froid ; ils se trouvent seuls, sur le pont d’un vieux ferry rouillé, et une belle couche de givre recouvre tout, faisant briller et scintiller le paysage environnant.

— Où sommes-nous, Tatie ? interroge Balthazar.

— Ha ! Tu m’as fait peur ! À Puttgarden mon garçon, un port dans le Nord de l’Allemagne sur la mer Baltique ! Mer que nous allons devoir traverser pour aller en Laponie. Mais j’ai une mauvaise nouvelle, dit Tatie, tout a gelé ! Et la mer aussi… Nous risquons d’être bloqués un long moment sur le ferry, donc j’en profite pour faire de la mécanique. Tu veux m’aider ?

Tout a gelé ? Impossible ! Sans répondre, Balthazar s’approche du bastingage et regarde pardessus bord. Incroyable, la mer est gelée, aussi loin que porte le regard !

Ce n’est pas possible, cette fois nous allons vraiment être en retard ! pense Balthazar. De colère, il frappe rageusement dans un bloc de glace qui glisse sur le pont pour aller s’écraser plus loin contre la coque.

— Aïe ! gronde le bateau.

— Comment ? sursaute Balthazar.

— Aïe, j’ai dit aïe, répète le mastodonte de fer.

— Tu parles ?

— Oui je parle, et j’ai mal aussi. Alors comme je parle et que j’ai mal, je dis aïe, répète le bateau.

— Désolé, je ne voulais pas te faire mal ! s’excuse Balthazar, désolé.

— Pas de soucis, tu ne pouvais pas savoir… Je m’appelle Fifi, Fifi le Ferry.

— Et moi Balthazar, Balthazarle le Petit Garçon.

— Enchanté, Balthazar Petitgarçon ! Et tous deux poussent un gros soupir.

— Qu’est-ce qu’il y a ? demande Balthazar. Toi aussi tu es triste ?

— Oui, j’aimerais tant traverser la mer…Mais c’est impossible : avec toute cette glace, je suis prisonnier.

— Et moi aussi… Si seulement nous pouvions faire du patin ! imagine Balthazar.

— Du patin ?

— Oui ! On se lève, comme ça, dit Balthazar en se levant – et il sent le bateau trembler. Et on met ses patins, comme ça – et il sent le bateau bouger… Et on glisse, comme ça !
Et il sent le bateau glisser !

— Comme ça ? demande le bateau en glissant.

— Oui comme ça ! lui crie Balthazar, accroché au bastingage, le vent lui sifflant aux oreilles.

Fifi le Ferry, debout sur ses deux jambes chaussées de poutres métalliques, se met à glisser, à pousser, à patiner à toute vitesse sur la mer gelée ! Les voilà qui tournent et qui valsent, qui sautent et qui dansent, et Balthazar de rire et de rire à son bord, tandis que Fifi réalise des exploits dignes des Jeux Olympiques ! En quelques instants, ils ont traversé la mer gelée et sont sur les berges opposées.

— Je vous laisse ici, dit Fifi à bout de souffle en les débarquant sur la côte. J’ai trouvé ma vocation : finies les traversées, je suis né pour patiner !

— Bravo Fifi, merci de nous avoir fait traverser ! dit Balthazar en lui faisant de grands signes.

— Au revoir, Balthazar Petitgarçon, merci de m’avoir montré qui je suis ! dit Fifi en disparaissant à l’horizon.

— Tatie, Tatie ! Ça y est, on a traversé !

— Hein ? Comment ? interroge Tatie en émergeant à nouveau du moteur. Elle a le visage constellé d’huile de vidange et deux tâches autour des yeux la font ressembler à un panda fâché.

— Le ferry pour traverser la mer, eh bien il s’appelle Fifi et il voulait s’échapper de la glace alors je lui ai appris à patiner, et il a traversé la mer gelée, et puis, et puis…

— Et puis quoi encore, Balthazar, dit Tatie en souriant et en posant ses poings sur ses hanches. Des bateaux qui patinent, et pourquoi pas des sandwichs qui parlent, hum ? Mais que nous réserve demain, alors !

— Je ne sais pas, Tatie, dit Balthazar en se tournant, comblé, vers l’horizon lointain. Mais on ferait mieux d’y aller !

 

___

Illustration de : Pablo Vasquez

Un commentaire ?


Pour poster des commentaires,
Fred Panassac
Fred Panassac · il y a
Le bateau qui parle, j’adore ! Bravo, c’est prenant comme les glaces et j’ai hâte de connaître la suite !
·
Coum
Coum · il y a
Tati enverra t-elle la sauce ou dira t-elle non ? Telle est là question :) Suspens !
·
LBC
LBC · il y a
Marrant ce... Fifi brin de Ferry lol ! Z'veux l'même pour noël ha ha !
·

Calendrier de l'Avent

Chaque jour de décembre, découvre une histoire

Inscris-toi pour la recevoir par mail :